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LES DANGERS ET INCONVENIENTS 
DE L'EXPLOITATION DU METHANE

 

L’exploitation du méthane n’est pas sans conséquence sur l’environnement. 
Ses impacts et nuisances sont nombreux et variés :

 

§        Nuisances environnementales

Les impacts environnementaux majeurs de l’extraction du méthane de houille, alias « coalbed methane » apparaissent évidents, pour peu qu’on les recherche. Ils sont systématiquement dissimulés par les promoteurs, mais à travers la presse des Etats-Unis et d’Australie, à laquelle nous donne accès Internet, éclatent les multiples dommages qu’ils infligent aux populations et à l’environnement.

 

 §        Migration non maîtrisée du méthane

Le méthane est susceptible de migrer de façon imprévisible et de profiter des failles pour s’échapper en surface :

Le « dewatering » (pompage de l’eau profonde) conduit à la migration du méthane décompressé non seulement vers le haut, mais aussi horizontalement, parfois sur de longues distances et il peut éventuellement trouver une issue à la surface. (Vermont Journal Environnemental LawThe Dirty Side of Clean Energy: Coalbed Methane Production in Wyoming’s Powder River Basin).

Ces impacts, en principe circonscrits lors de la phase exploratoire initiale, sont susceptibles de se manifester dès la phase suivante des essais préliminaires, comme il est relaté dans le Rapport établi par CM Atkinson à la demande de « l’Australian Gaz Alliance » en Janvier 2005. 

On peut y lire entre autres : « A Stradford en Septembre 2004, s’est produit le premier cas de migration grave du méthane. La société Molopo Australia united a annoncé que tous ses essais avaient été interrompus après que le méthane se soit échappé à partir d’anciens forages avec un débit de 5 097 m3 (180 000 pieds cubes) par jour alors que le niveau de l’eau était encore à 300 mètres au-dessus des couches de charbon. Cet accident montre que même avec une baisse limitée de la pression hydrostatique, le méthane peut migrer rapidement et dans des directions imprévisibles ».

Les très nombreuses failles fracturant le gisement le rendent impropre à la récupération du gaz de houille, comme l’établit le texte suivant extrait d’un article canadien : « L'un des plus importants problèmes a trait à la caractérisation de la ressource et à l'identification des filons de charbon les mieux adaptés à la récupération assistée du méthane. Par exemple, le réservoir se doit d'être homogène dans les plans horizontal et vertical (avec le minimum de failles et de replis ». 

L’importance des failles fragmentant le gisement de Lucenay-Cossaye ne peut que majorer ce phénomène.

 

 §        Problèmes de l’eau

On obtient l’issue du méthane en pompant l’eau au sein du gisement afin de diminuer la pression hydrostatique :

Dans le Wyoming : « Afin d’extraire le méthane à partir de charbon, l’entreprise pompe de près de 320 millions de litres d’eau par jour dans les aquifères du gisement et les déverse à la surface… L’impact en surface de l’exploitation du méthane de houille est manifeste. L’eau épandue accroît l’érosion et la sédimentation dans le lit des cours d’eau, entraînant la dégradation de la qualité de l’eau des ruisseaux et des rivières. De fortes concentrations de sodium, de calcium et de magnésium dans ces rejets favorisent cette dégradation et rendent cette eau impropre à l’irrigation. Elle cause de sérieux dommages aux exploitations agricoles ». L’extraction du méthane entraîne aussi de graves perturbations des aquifères. L’extraction des eaux profondes cause inévitablement un drainage des nappes aquifères obérant leur utilisation future). (Energy policy — oil and gas: Methane pollution April 27, 2009) 

 

§        Multiplicités des points d’extraction

A la phase industrielle, une particularité fondamentale de ce mode d’exploitation est la nécessité de multiples points d’extraction du méthane :

«Contrairement aux autres modes de forages, elle nécessite de nombreux sites de production. Actuellement 10.000 puits sont opérationnels sur le Powder River Basin et on en prévoit 100.000».

En Australie : «Quatre forages, y compris deux puits expérimentaux, ont été pratiqués à l’ouest de Wyong. La compagnie Sydney LTD indique  que le champ d’exploitation pourrait comporter 200 puits». (CM Atkinson Australian Gaz Alliance).

 

§        Auto combustion du charbon

L’extraction du méthane de houille favorise l’auto combustion du charbon.

«Lors de l’assèchement des filons, de l’air ambiant est aspiré dans le lit du charbon, ce qui apporte l’oxygène favorisant les combustions spontanées. Ces feux souterrains sont pratiquement impossibles à éteindre. Ils produisent des concentrations élevées de dioxyde de soufre et d’hydrogène sulfuré toxique pour les plantes. Ils peuvent aussi trouver une issue vers la surface. Au Colorado, cinq feux de filons de charbon ont éclaté dans une région où étaient effectués des forages». (Montana Environmental Information Center) 

 

Le charbon de Lucenay est particulièrement exposé à ce risque. On lit en effet dans le rapport SOFREMINES :

«Ce risque (la combustion spontanée du charbon) concerne toutes les qualités de charbon, mais certaines y sont plus sensibles. Les charbons de Lucenay font partie de ces qualités, en raison de leur composition macérale riche en composés réactifs (vitrine – exinite), de l’existence de sulfures fins, de leurs forts taux en matières volatiles». (rapport SOFREMINES Page 16).

 

§        Nuisances sonores

Le bruit n’est pas la moindre nuisance subie par les populations locales

Qu'est-ce que le son ?
Le bruit est souvent défini comme un son indésirable. Le son est défini comme toute variation de pression entendu par l'oreille humaine. Le niveau de pression acoustique est une mesure des vibrations de l'air qui composent son. Parce que l'oreille humaine est sensible à un large éventail de niveaux de pression, il est mesuré sur une échelle logarithmique avec des unités de décibels (dB).

Comment les humains perçoivent le son ?
L'oreille humaine perçoit des variations de pression sur une large plage de fréquences - de basses fréquences de 20 Hz à des fréquences aussi élevées que 20.000 Hz. En termes de niveaux de pression acoustique, la gamme de l'oreille humaine commence au seuil d'audibilité (0 dB) et se termine au seuil de la douleur (autour de 140 dB).

L'oreille humaine est moins sensible aux sons dans les basses fréquences par rapport aux fréquences plus élevées. Par exemple, un 50 Hz (basse fréquence) le ton doit être à un niveau de 85 dB afin d'être perçu par l'auditeur comme étant la même puissance que la plus grande fréquence de 1000 Hz ton à un niveau de 70 dB.

En règle générale, un doublement du volume sonore du son se produit à chaque accroissement de 10 dB de pression sonore. En d'autres termes, pour la plupart des particuliers un bruit sonore de 60 dB serait deux fois plus fort qu'un bruit de 50 dB. 

Le bruit provenant des opérations de pétrole et de gaz

Les propriétaires terriens se plaignent souvent de niveaux de bruits associés à des compresseurs de gaz naturel. Le niveau de bruit varie avec la taille du compresseur et de la distance à partir du compresseur, et change avec les changements de direction du vent et son intensité.

Une étude menée à La Plata County au Colorado, a déclaré des niveaux de bruit pour un certain nombre d'activités pétrolières et gazières : 

50 pieds = 15 m

Station de compression 50 dB (375 mètres de la propriété de la limite)
Unités de pompage 50 dB (100m du puits)
Carburant et en eau des camions 68 dB (150m à partir des sources)
Grue de levage pour plates-formes 68 dB (150m à partir des sources)
Pompe à béton utilisés durant le forage 62 dB (150m à partir des sources)
Moyenne site de construction de puits 65 dB (150m à partir des sources)

Le bruit et ses effets sur la santé humaine

Il y a des effets néfastes physiques et mentales dûs au bruit. Par exemple, les périodes prolongées d'exposition à 65 dB peuvent causer de la fatigue mentale et physique. En outre, le bruit peut affecter la quantité et la qualité du sommeil, causer des dommages auditifs permanents, contribuer au développement ou à l'aggravation de maladies cardiaques et circulatoires, et transformer une contrariété initiale d'une personne dans des réactions plus extrêmes émotionnelles et transformer le comportement.

Effets du bruit sur la faune 

Le bruit peut provoquer le déplacement temporaire ou permanent des animaux et des oiseaux en provenance des zones particulières. Il peut aussi avoir des effets physiologiques qui sont préjudiciables à la santé de la faune.

 «La pollution sonore est une caractéristique de l’exploitation du méthane de houille. A côté des camions, des divers engins de construction, des perceuses, des pompes électriques, les compresseurs sont de loin les plus bruyants. Selon le Dr J. Fisher Berton, professeur de géologie, Université de Tulsa, en fonction de la direction du vent, le rugissement d’une unité de compression peut être entendu à 7 km environ. Près des stations de compression, les gens ont besoin de crier pour se faire entendre. La SJCA dresse un tableau alarmant de l’entretien des puits en cours : après le forage du puits, la compagnie du gaz a recours régulièrement à sa retouche par des procédures de cavitation, de fracturation et de torchage. Ces procédures peuvent ébranler le sol si violemment que l’ensemble de votre maison vibre. Elles peuvent aussi provoquer la combustion du méthane en profondeur et en surface. Le torchage émet des panaches de feu s’élevant à des dizaines de pieds en l’air». 

(VERMONT JOURNAL OF ENVIRONMENTAL LAW: The Dirty Side of Clean Energy: Coalbed Methane Production in Wyoming’s Powder River Basin).

 

Le souci de l’intégrité de notre cadre de vie nous avait poussés à réunir les arguments opposés à l’ouverture d’une mine de charbon.

Le même souci nous anime aujourd’hui pour mettre en évidence les potentialités de nuisance environnementale du nouveau projet de la société Valorca.

 

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