Site officiel de l'ADSN, Association de Défense du Sud Nivernais

 

 

Quelques remarques de l'ADSN - Différences entre les conclusions de Valorca et du rapport Sofremines (sur lequel s'appuie la société Valorca)

 

Le rapport Sofremines  dit :

"En ce qui concerne les ressources en gaz de charbon, aucune donnée concernant les teneurs en gaz n'ont été reportées  ni collectées. Tout au plus peut-on donner des fourchettes indicatives par analogie avec des gisements de charbon comparables. Le gaz total en place potentiel serait de l’ordre de 500 millions à 1 milliard de m3"  (page 8)

Valorca dit :

"Les nouvelles études réalisées en 2004 par la société SOFREMINES ont conclu à la présence probable de méthane, possiblement en fortes quantités (les quantités pouvant être récupérées sont estimées entre 500 millions et 1 milliard 
de m3)" (page 8)

*            *

*

Le rapport Sofremines  dit :

"En raison des compositions macérales du charbon et de l'existence d'une couverture imperméable épaisse et continue, le méthane est susceptible de se trouver en fortes quantités dans les couches du charbon de Lucenay.
En conséquence, il semble à priori possible d'envisager l'exploitation des gaz de charbon" (page 16)

Valorca dit

"Le rapport admet que les conditions sont favorables à l’existence d’accumulation de quantités de « méthane exploitable par sondage » et que ce gaz est susceptible des se trouver « en forte quantité dans les couches de charbon du gisement de Lucenay.

*            *

*

Le rapport Sofremines  dit :

"Cette méthode consiste à récupérer les gaz contenus par le gisement à l’aide de forages réalisés depuis la surface. Ce mode de valorisation ne convient pas au gisement de Lucenay qui ne présente à priori pas suffisamment de ressources géologiques mobilisables."
"Toutefois, une récupération des gaz de charbon préalablement à l’exploitation en souterrain contribuerait à sécuriser cette dernière vis à vis des risques liés à la présence de grisou".(page 32)

Valorca dit :

"Le prix de vente distributeur HT actuel étant de 600 euros pour 10 000 kWh, une estimation à partir d'un taux de marge distributeur de 40% permettrait d'escompter des revenus liés à une exploitation du gaz en place entre 106 et 212 millions d'euros. De telles perspectives justifient les coûts prévisionnels liés aux investissements et à l'exploitation du gisement gazier.
En outre, l'exploitation préalable du grisou est un facteur de sécurisation des exploitations ultérieures
pour la récupération des extraits solides du gisement" (page 11)

Nous ne parlons plus de charbon mais d’extraits solides du gisement…cela fait plus propre ! 
L’intention de VALORCA est donc bien l’exploitation du charbon 

*            *

*

Le rapport Sofremines indique (page 32)

Ä exploitation par gazéification in situ  

"Au niveau industriel, deux expériences méritent d’être mentionnées :

-         l’expérience Ouzbèke, qui a duré 30 ans. Ce pilote industriel a été abandonné lors du passage à l’économie de marché.

-         Une tentative de développement d’un petit site industriel, El Chinchilla en Australie, mérite d’être surveillé

Cette technologie produit un mélange gazeux qui nécessite un traitement lourd pour que les gaz valorisables soient extraits. Ce traitement pèse lourd sur l’économie de projets éventuels.

D’un point de vue technique, le gisement de Lucenay ne présente que des caractères favorables à une exploitation par gazéification in situ : couches de charbon puissantes, composition macérale favorable à une combustion régulière et contrôlable, existence d'une microfissuration propre à permettre la diffusion des gaz, profondeur adéquate pour forages verticaux.

Il convient d’assurer qu’en l’état actuel des techniques disponibles, il n’y a pas de procédé industriel suffisamment éprouvé. Il apparaît donc déraisonnable d'envisager cette technologie trop aventureuse dans le cas du gisement de Lucenay. Il conviendra néanmoins d’assurer une veille technologique." (conclusion page 33)

 

*            *

*

Pour l'instant, nous n'avons aucun renseignement concernant la quantité de gaz qui sera extraite, ni sur les produits éventuels de traitement utilisés pour pouvoir réinjecter le gaz extrait dans le réseau. 

*            *

*

On lit également dans le document de Valorca : 

"Les charbons sont toujours saturés en eau. Cette eau occupe toute la porosité utile des fractures et bloque la désorption du gaz tant que la pression dans le gisement n’a pas été abaissée par pompage. 
Bien assécher la veine par pompage de l'eau de formation est donc essentiel pour produire le gaz" (page 10)

Ce qui est dissimulé et particulièrement important, c’est que cette eau est très abondante, très salée, acide et particulièrement polluante. De nombreux exemples des désastres environnementaux qu’elle provoque existent aux USA et au Canada. C'est tout spécialement sur ce point qu'il faudra être vigilant...

*            *

*

 

Que cache le projet gaz de Valorca ?

- marquer un point dans la lutte qui l'oppose à la SEREN (cf. article 54 du code minier ci-dessous)

- préparer une éventuelle exploitation de charbon en sécurisant à l'avance par l'exploitation du méthane.

- un permis de recherches, ce n'est pas dangereux pour l'environnement

Cette demande ne modifie en rien le délai pour statuer sur les demandes de concessions de charbon déposées en 2006. Il s'agit bien de deux procédures indépendantes en l'état.

 

Le permis exclusif de recherches (PER) est accordé pour 5 ans au plus par simple arrêté ministériel, sans enquête publique. Ce permis peut être renouvelé à deux reprises pour une même durée.

Après avoir été jugée recevable dans sa forme par le service approprié de la DRIRE concernée (Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement), la demande de permis de recherches est publiée au Journal Officiel de la République Française et au Journal Officiel des Communautés Européennes. Les demandes en concurrence sont recevables durant 90 jours après la parution de l’avis au Journal Officiel des Communautés Européennes.

Pendant ce temps, la DRIRE consulte les services administratifs locaux pour établir la liste des différentes contraintes qui peuvent affecter les travaux d’exploration (projets d’urbanisation, sites archéologiques ou historiques, zones militaires, etc.). Après cette phase de consultation, la procédure locale s’achève par le rapport de la DRIRE et avec l’avis du Préfet concerné.

Le silence gardé pendant plus de deux ans par le ministre chargé des mines sur la demande vaut décision de rejet de cette demande et, le cas échéant, des demandes concurrentes. (article 23 du décret 2006-648 ci-dessous)

 

*            *

*

Pour voir les lois et décrets cités

 

    Copyright ADSN 2010